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BOURGOGNE.

— Belliqueux et martial Talbot, Bourgogne — t’enchâsse dans son cœur et y exalte — tes nobles exploits, monuments d’héroïsme.


TALBOT.

— Merci, gentil duc. Mais où est la Pucelle à présent ? Je pense que son démon familier est endormi. — Où sont maintenant les bravades du Bâtard et les brocarts de Charles ? — Quoi ! tous mortifiés ! Rouen baisse la tête, en déplorant — la fuite d’une si vaillante compagnie. — Maintenant nous allons prendre nos dispositions dans la ville, — et y placer des officiers expérimentés. — Puis nous partirons pour Paris, pour rejoindre le roi ; — car c’est là qu’est le jeune Henry avec sa noblesse.


BOURGOGNE.

— Ce que veut lord Talbot plaît à Bourgogne.


TALBOT.

—Toutefois, avant de partir, n’oublions pas — le noble duc de Bedford qui vient de mourir. — Faisons-lui dans Rouen de dignes obsèques. — Jamais plus brave soldat ne tendit la lance ; — jamais cœur plus noble ne régna sur une cour. — Mais les rois et les plus puissants potentats doivent mourir, — car tel est le terme de l’humaine misère.

Ils sortent.



Scène XIII.

[Une plaine près de Rouen.]


Entrent Charles, le Bâtard, Alençon, la Pucelle et leurs troupes.



LA PUCELLE.

— Ne vous alarmez pas, princes, de cet accident, — et ne vous attristez pas de voir Rouen ainsi repris. — L’affliction