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nos forces éparses, — et fondons sur notre insolent ennemi.

Sortent Bourgogne, Talbot et leurs troupes, laissant Bedford et sa garde. Fanfare d’alarme. Mouvements de troupes.


Entrent Sir John Falstaff et un capitaine.



LE CAPITAINE.

— Où allez-vous si vite, sir John Falstaff ?


FALSTAFF.

— Où je vais ? me sauver par la fuite ; — il est probable que nous aurons encore le dessous.


LE CAPITAINE.

Quoi ! vous allez fuir et laisser lord Talbot !


FALSTAFF.

— Oui, tous les Talbots du monde, pour sauver ma vie.

Il sort.

LE CAPITAINE.

— Chevalier couard ! que la mauvaise fortune te suive !


Fanfare de retraite. Mouvements de troupes. La Pucelle, Alençon, Charles et les Français sortent de la ville en déroute.



BEDFORD.

— Maintenant, mon âme, pars en paix quand il plaira au ciel ! — Car j’ai vu la déroute de nos ennemis. — Qu’est-ce donc que la confiance ou la force de l’homme insensé ! — Ceux qui naguère nous bravaient de leurs sarcasmes — sont trop heureux de se sauver par la fuite.

Il expire. On l’emporte dans sa chaise.


Fanfare d’alarme. Entrent Talbot, Bourgogne et d’autres.



TALBOT.

— Perdue et reprise en un jour ! — C’est une double gloire, Bourgogne. — Mais que le ciel ait tout l’honneur de cette victoire !