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Entrent en avant des remparts, Charles, le Bâtard d’Orléans, Alençon, et les forces françaises.



CHARLES.

— Saint Denis bénisse cet heureux stratagème ! — Et encore une fois nous dormirons tranquilles dans Rouen.


LE BÂTARD.

— Voici par où la Pucelle et ses affidés sont entrés ; — maintenant qu’elle est là, comment nous indiquera-telle — où est le meilleur et le plus sur passage ?


CHARLES.

— En brandissant une torche du haut de cette tour ; ce signal voudra dire — que le point le plus faible est celui par où elle est entrée.


La Pucelle apparaît au haut d’une tour, tenant une torche allumée.



LA PUCELLE.

— Regardez, voici l’heureuse torche nuptiale — qui unit Rouen à ses compatriotes, — flambeau fatal aux talbotistes !


LE BÂTARD.

— Voyez, noble Charles, le fanal de notre amie ; — la torche allumée est sur cette tourelle.


CHARLES.

— Qu’elle brille donc comme une comète vengeresse, — prophétisant la chute de tous nos ennemis !


ALENÇON.

— Ne perdons pas de temps. Les délais ont de dangereux résultats. — Entrons sur-le-champ en criant : Le Dauphin ! — Et puis exterminons le poste.

Ils entrent dans la ville.


Fanfares d’alarme. Entrent Talbot et des Anglais.



TALBOT.

— France, tu expieras cette trahison avec les larmes,