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Scène XII.

[En France. Devant les remparts de Rouen.]


Entrent la Pucelle, déguisée, et des Soldats vêtus en paysans, portant des sacs sur le dos.



LA PUCELLE.

— Voici les portes de la cité, les portes de Rouen, — par lesquelles notre adresse doit faire une brèche. — Faites attention ; prenez garde à la manière dont vous placerez vos paroles ; parlez comme le commun des cens du marché — qui viennent faire argent de leur blé. — Si nous obtenons accès, comme je l’espère, — et que nous trouvions le poste négligent et faible, — j’en avertirai nos amis par un signal, — pour que le Dauphin Charles puisse les attaquer.


PREMIER SOLDAT.

— Nos sacs vont servir au sac de la ville, — et nous serons bientôt seigneurs et maîtres de Rouen ; en conséquence frappons.

Ils frappent aux portes.



LA SENTINELLE, de l’intérieur.

Qui est là ?


LA PUCELLE.

Paysans, pauvres gens de France : — de pauvres gens du marché qui viennent vendre leur blé.


LA SENTINELLE.

— Entrez, venez ; la cloche du marché a sonné.

Il ouvre les portes.



LA PUCELLE.

— Maintenant, Rouen, je vais ébranler tes boulevards jusqu’au fondement.

La Pucelle et ses soldats entrent dans la cité.