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PLANTAGENET.

— Tes graves conseils prévaudront sur moi ; — mais il me semble que l’exécution de mon père — n’a été qu’un acte sanglant de tyrannie.


MORTIMER.

— Garde, mon neveu, un silence politique. — La maison de Lancastre est fortement établie — et, telle qu’une montagne, ne peut être déplacée. — Mais maintenant ton oncle transfère son existence ailleurs, — comme un prince sa cour, alors qu’il est fatigué — d’un trop long séjour dans la même demeure.


PLANTAGENET.

— Ô mon oncle ! que ne puis-je d’une partie de mes jeunes années — prolonger la période de ta vieillesse !


MORTIMER.

— Tu veux donc, pour mon malheur, faire comme le boucher — qui assène plusieurs coups, quand un seul suffirait. — Ne te lamente que si mon bonheur t’afflige. — Donne seulement des ordres pour mes funérailles. — Et sur ce, adieu. Puissent toutes tes espérances être réalisées, — et ta vie être prospère dans la paix et dans la guerre !

Il expire.

PLANTAGENET.

— Que la paix, et non la guerre, accompagne ton âme qui s’en va ! — Tu as fait ton pèlerinage en prison, — et tu y as fini tes jours, ainsi qu’un ermite… — Oui, j’enfermerai ses conseils dans mon cœur ; — et j’y laisserai reposer ce que je rêve. — Gardiens, emportez-le d’ici ; et moi-même — je lui ferai des funérailles plus belles que sa vie.

Les gardiens sortent, emportant Mortimer.

— Ici s’éteint la sombre torche de Mortimer, — qu’une ambition subalterne a étouffée. — Quant à ces