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récit : — Henry IV, grand-père du présent roi. — déposa son neveu Richard, fils d’Édouard, — le premier-né et le légitime héritier — du roi Édouard, troisième du nom. — Durant son règne, les Percys du Nord, — trouvant son usurpation souverainement injuste, — tentèrent de m’élever au trône. — Le motif qui déterminait à cela ces lords belliqueux, — était que, le jeune roi Richard ainsi écarté — et ne laissant pas d’héritier engendré de son corps, — j’étais le plus proche du trône par la naissance et la parenté ; — car par ma mère je descends — de Lionel, duc de Clarence, troisième fils — du roi Édouard III, tandis que lui — tire sa liguée de Jean de Gand, — qui n’était que le quatrième de cette génération héroïque. — Mais suis-moi. Dans cette haute et grande entreprise — où ils travaillaient à restaurer l’héritier légitime, — ils perdirent la vie, et moi la liberté. — Longtemps après, quand Henry V, — qui succéda à son père Bolingbroke, régnait, — ton père le comte de Cambridge, descendant — du fameux Edmond Langley, duc d’York, — ayant épousé ma sœur, qui fut ta mère, — fut ému de ma cruelle détresse — et leva une nouvelle armée, dans le but de me délivrer — et de m’investir du diadème. — Mais ce noble comte échoua, comme les autres, — et fut décapité. Ainsi les Mortimers, — en qui reposait le droit, ont été anéantis.


PLANTAGENET.

— Et Votre Honneur, milord, est le dernier d’entre eux.


MORTIMER.

— C’est vrai, et tu vois que je n’ai pas d’enfants ; — et ma parole défaillante annonce ma mort imminente : — tu es mon héritier ; je te prie de conclure le reste ; — mais sois circonspect dans ta laborieuse tâche.