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— votre neveu Richard arrive sous le coup d’un récent outrage.


MORTIMER.

— Dirigez mes bras, que je puisse étreindre son cou, — et exhaler dans son sein mon dernier soupir. — Oh ! dites-moi quand mes lèvres toucheront ses joues, — que je puisse dans ma tendresse lui donner un baiser défaillant ! — Et maintenant explique-toi, doux rejeton de la grande souche d’York, — tu disais que tu étais sous le coup d’un récent outrage.


PLANTAGENET.

— Commence par appuyer sur mon bras ton corps vieillissant, — et, dans cette position plus aisée, je te dirai mon malaise. — Aujourd’hui, dans un débat sur une question de droit, — quelques mots ont été échangés entre Somerset et moi ; — et, tout en prodiguant les invectives, — il m’a reproché la mort de mon père. — Cette accusation m’a fermé la bouche ; — sans quoi je lui eusse dûment répliqué. — Ainsi, mon bon oncle, au nom de mon père, — pour l’honneur d’un vrai Plantagenet, — enfin au nom de notre parenté, apprends-moi pour quelle cause — mon père, le comte de Cambridge, a été décapité.


MORTIMER.

— La même cause, beau neveu, qui m’a emprisonné ici — et qui m’a, dès la fleur de ma jeunesse, relégué, — pour y languir, dans un hideux cachot, — a été le motif maudit de sa mort.


PLANTAGENET.

— Expliquez-moi cette cause plus en détail, — car je l’ignore et ne puis la deviner.


MORTIMER.

— Je le veux bien, si mon souffle débile me le permet — et si la mort ne survient pas avant la fin de mon