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l’honneur de sa naissance, — et croit que j’ai défendu la vérité, — cueille avec moi sur ce buisson une rose blanche.


SOMERSET.

— Que celui qui n’est ni un couard ni un flatteur, — et ose soutenir le parti de la vérité, — cueille avec moi sur cette épine une rose rouge.


WARWICK.

— Je n’aime pas les couleurs ; et, sans couleur aucune — d’insinuante et basse flatterie, — je cueille cette rose blanche avec Plantagenet.


SUFFOLK.

— Je cueille cette rose rouge avec le jeune Somerset, — en ajoutant qu’il a soutenu le droit.


VERNON.

— Arrêtez, milords et messieurs ; avant de continuer, — convenons que celui des deux qui de son côté — aura le moins de roses cueillies, — reconnaîtra que l’autre a raison.


SOMERSET.

— Cher maître Vernon, c’est une bonne motion ; — si j’en ai le moins, je souscris en silence.


PLANTAGENET.

Moi aussi.


VERNON.

— Eh bien, au nom de la vérité et de la justice, — je cueille aussi cette fleur pâle et virginale, — donnant mon verdict en faveur de la rose blanche.


SOMERSET.

— Ne vous piquez pas le doigt en la cueillant, — de peur de la teindre en rouge avec votre sang, — et de vous ranger de mon côté malgré vous.


VERNON.

— Milord, si je verse mon sang pour mon opinion, —