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reste plus d’autre ressource — que de rallier nos soldats épars et déroutés, — et de former de nouveaux plans pour entamer l’ennemi.


Alarme. Entre un Soldat anglais, criant : Talbot ! Talbot ! Les Français fuient, laissant derrière eux leurs vêtements, que le soldat ramasse.



LE SOLDAT.

— Je me permettrai de prendre ce qu’ils ont laissé. — Le cri de Talbot me sert de glaive. — Car me voici chargé de dépouilles, — sans avoir employé d’autre arme que son nom.

Il sort.



Scène VII.

[Orléans. La place du Marché.]


Entrent Talbot, Bedford, Bourgogne, un Capitaine et d’autres.



BEDFORD.

Le jour commence à poindre, et met en fuite la nuit, — dont le noir manteau voilait la terre. — Sonnons ici la retraite, et arrêtons notre ardente poursuite.

On sonne la retraite.



TALBOT.

— Apportez le corps du vieux Salisbury ; — et déposez-le ici, sur la place du marché, — au centre même de cette ville maudite. — Maintenant j’ai accompli le vœu fait à son âme : — pour chaque goutte de sang tirée de lui, — il est mort cette nuit cinq Français au moins. — Et, afin que les âges futurs voient — par quels ravages il a été vengé, — je veux ériger dans leur principal temple — une tombe où sera enseveli son corps, — et sur laquelle une inscription lisible pour tous — racontera le sac d’Orléans, — le guet-apens qui a causé sa mort déplorable, — et quelle