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— de Henry d’Angleterre que je combats. Cette nuit montrera — combien je vous suis attaché à tous deux.


Les Anglais escaladent les murailles, en criant : Saint Georges ! Talbot ! et tous pénètrent dans la ville.



UNE SENTINELLE, de l’intérieur.

— Aux armes ! aux armes ! l’ennemi donne l’assaut !


Les Français sautent sur les murs en chemise. Arrivent par différents côtés le Bâtard, Alençon, René, à demi déshabillés.



ALENÇON.

— Eh bien ! messeigneurs !!!… quoi, tous ainsi déshabillés !


LE BÂTARD.

— Déshabillés ? Oui, et bien aises de l’avoir ainsi échappé belle !


RENÉ.

— Il était temps, ma foi, de nous éveiller et de quitter nos lits, — entendant l’alarme à la porte de nos chambres.


ALENÇON.

— En fait d’exploits, depuis que je suis la carrière des armes, — je n’ai jamais ouï parler d’une entreprise — plus aventureuse et plus désespérée que celle-ci.


LE BÂTARD.

— Je crois que Talbot est un démon de l’enfer.


RENÉ.

— Si ce n’est pas l’enfer, c’est sûrement le ciel qui le favorise.


ALENÇON.

— Voici Charles qui vient : je suis émerveillé de sa diligence.


Entrent Charles et la Pucelle.



LE BÂTARD.

— Bah ! la sainte Jeanne a été sa gardienne tutélaire.