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tente. — Et puis nous verrons ce qu’oseront ces lâches Français.

Ils sortent emportant les corps.



Scène V.

[Devant une des portes d’Orléans.]


Le combat commence. Fanfare d’alarme. Escarmouches. Talbot passe sur la scène poursuivant le Dauphin, et le chassant devant lui ; puis la Pucelle passe, chassant les Anglais devant elle. Alors rentre Talbot.



TALBOT.

— Où est mon énergie, ma valeur, ma force ! — Nos troupes anglaises se retirent ; je ne puis les arrêter ; une femme, revêtue d’une armure, leur donne la chasse !


Rentre la Pucelle.


— La voici ! La voici qui vient… Je veux me battre avec toi ; — diable ou diablesse, je veux t’exorciser ; — je veux te tirer du sang, sorcière que tu es, — et envoyer vite ton âme à celui que tu sers.


LA PUCELLE.

— Viens, viens. C’est à moi qu’il est réservé de t’humilier.

Ils se battent.



TALBOT.

— Cieux, pouvez-vous laisser l’enfer prévaloir ainsi ! Dût sous l’effort de mon courage ma poitrine éclater, — dussent mes bras se disloquer de mes épaules, — je châtierai cette arrogante gourgandine.


LA PUCELLE.

— Talbot, adieu. Ton heure n’est pas encore venue. — Il faut que j’aille sur-le-champ ravitailler Orléans. — Atteins-moi, si tu peux ; je me moque de ta force. — Va, va ranimer tes soldats exténués par la faim ; — aide Sa-