Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/215

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



PREMIER GARDIEN, de l’intérieur.

— Que le Seigneur le protége ! voilà notre réponse. — Nous ne faisons que ce qui nous est commandé.


GLOCESTER.

— Et qui vous a commandé ? Qui donc doit commander, si ce n’est moi ? — Il n’y a d’autre Protecteur du royaume que moi… — Enfoncez les portes, je serai votre garant. — Serai-je ainsi bafoué par une immonde valetaille ?


Les gens de Glocester se précipitent sur les portes. Le lieutenant de la Tour, Woodwille, s’en approche de l’intérieur.



WOODWILLE, de l’intérieur.

— Que signifie ce bruit ? Quels traîtres avons-nous là ?


GLOCESTER.

— Lieutenant, est-ce vous dont j’entends la voix ? — Ouvrez les portes ; voici Glocester qui veut entrer.


WOODWILLE, de l’intérieur.

— Prends patience, noble duc, je ne puis ouvrir ; — le cardinal de Winchester le défend ; — j’ai de lui commandement exprès — de ne laisser entrer ni toi ni aucun des tiens.


GLOCESTER.

— Pusillanime Woodwille, le mets-tu donc au-dessus de moi, — lui, l’arrogant Winchester, ce prélat hautain, — que Henry, notre feu souverain, n’a jamais pu souffrir ? — Tu n’es l’ami ni de Dieu ni du roi. — Ouvre les portes, ou je vais te jeter dehors tout à l’heure.


PREMIER DOMESTIQUE.

— Ouvrez les portes au lord Protecteur, — ou je vais les enfoncer, si vous ne sortez pas sur-le-champ.


Entre le cardinal de Winchester, escorté par une suite de domestiques en livrée jaune.



WINCHESTER.

— Eh bien, ambitieux Humphroy, que signifie ceci