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LA PUCELLE.

— Et moi, tant que je vivrai, je ne fuirai jamais devant un homme.

Ils se battent.

CHARLES.

— Arrête, arrête ton bras, tu es une Amazone, — et tu combats avec l’épée de Déborah.


LA PUCELLE.

— La mère du Christ m’assiste ; sans elle, je serais trop faible.


CHARLES.

— Quel que soit l’être qui t’assiste, c’est toi qui dois m’assister. — Je brûle pour toi d’un impatient désir. — Tu as triomphé à la fois et de mon cœur et de mon bras. — Excellente Pucelle, si tel est ton nom, — permets que je sois ton serviteur, et non ton souverain ; — c’est le Dauphin de France qui te sollicite ainsi.


LA PUCELLE.

— Je ne dois pas sacrifier aux rites de l’amour, — car je tiens d’en haut une mission sacrée. — Quand j’aurai chassé d’ici tous tes ennemis, — alors je songerai à une récompense.


CHARLES.

— En attendant, accorde un gracieux regard à ton esclave prosterné.


RENÉ, à part, à Alençon.

— Monseigneur, il me semble, cause bien longuement.


ALENÇON, à part, à René.

— Sans doute il confesse cette femme jusqu’à sa chemise : — autrement il ne prolongerait pas si longuement cet entretien.


RENÉ.

— L’interromprons-nous, puisqu’il n’en finit pas ?