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conberg et Foix, — Beaumont et Marie, Vaudemont et Lestrelle. — Voilà une royale compagnie de morts ! — Où est la liste des Anglais qui ont péri ?

Le héraut lui présente un autre papier.

— Édouard, duc d’York, le comte de Suffolk, — sir Richard Ketly, Davy Gam, écuyer ; — nul autre de renom ; et, parmi les soldats, — vingt-cinq seulement !… Ô Dieu, ton bras était là, — et ce n’est pas à nous, c’est à ton bras seul, — que nous attribuons tout. Sans stratagème, — dans un simple choc et dans un loyal jeu de guerre, — a-t-on jamais vu perte si grande d’un côté, — si petite de l’autre ! Prends-en l’honneur, ô Dieu, — car il est tout à toi.


EXETER.

C’est merveilleux.


LE ROI HENRY.

— Allons, rendons-nous en procession au village ; — et que la peine de mort soit proclamée dans notre armée — contre quiconque se vantera de cette victoire et retirera à Dieu une gloire qui est à lui seul.


FLUELLEN.

N’est-il pas permis, sous le pon plaisir de Votre Majesté, de dire le nombre des tués ?


LE ROI HENRY.

— Oui, capitaine, mais à condition de reconnaître que Dieu a combattu pour nous.


FLUELLEN.

— Oui, en conscience, il nous a fait grand pien.


LE ROI HENRY.

— Observons tous les rites sacrés ; — qu’il soit chanté un Non nobis et un Te Deum. — Les morts une fois déposés pieusement dans la terre, — nous partirons pour Calais et puis pour l’Angleterre, — où jamais plus heureux hommes ne sont arrivés de France !

Ils sortent.