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Entre un héraut anglais.



LE ROI HENRY.

Eh bien, héraut, les morts sont-ils comptés ?


LE HÉRAUT.

— Voici le chiffre des Français tués.

Il remet un papier au roi.



LE ROI HENRY, à Exeter.

— Quels prisonniers de marque a-t-on faits, mon oncle ?


EXETER.

— Charles, duc d’Orléans, neveu du roi ; — Jean, duc de Bourbon, et le sire de Boucicault ; — quinze cents autres lords, barons, chevaliers et écuyers, — sans compter les simples soldats.


LE ROI HENRY.

— Cette note me parle de dix mille Français — restés morts sur le champ de bataille. Dans ce chiffre, les princes — et les nobles portant bannière comptent — pour cent vingt-six ; ajoutez — des chevaliers, des écuyers, des gentilshommes de distinction — au nombre de huit mille quatre cents, parmi lesquels — cinq cents n’ont été faits chevaliers que d’hier ; — en sorte que, sur les dix mille hommes qu’ils ont perdus, — il n’y a que seize cents mercenaires ; — les autres sont des princes, des barons, des seigneurs, des chevaliers, des écuyers — et des gentilshommes de naissance et de qualité. — Parmi les nobles qui sont restés morts, on nomme — Charles d’Albret, grand connétable de France ; — Jacques de Châtillon, amiral de France ; — le maître des arbalétriers, le seigneur de Rambures ; — le grand maître de France, le brave sire Guischard Dauphin ; — Jean, duc d’Alençon ; Antoine, duc de Brabant, — frère du duc de Bourgogne, et Édouard, duc de Bar ; parmi les puissants comtes, — Grandpré et Rossi, Fau-