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nants baignent leurs membres roturiers — dans le sang des princes. Les chevaux blessés — piétinent jusqu’au fanon dans le sang, et, dans leur rage folle, — lancent leurs ruades de fer à leurs maîtres morts, — ainsi tués deux fois. Oh ! permets-nous, grand roi, — de parcourir en sûreté le champ de bataille, et de recueillir — nos morts.


LE ROI HENRY.

Je te le dis franchement, héraut, — je ne sais si la journée est à nous ou non. — Car, maintenant encore, un grand nombre de vos cavaliers débouchent — et galopent dans la plaine.


MONTJOIE.

La journée est à vous.


LE ROI HENRY.

— Grâces en soient rendues à Dieu, et non à notre force ! — Comment s’appelle ce château qui est près d’ici ?


MONTJOIE.

On l’appelle Azincourt.


LE ROI HENRY.

— Eh bien, nous appelons ce combat la bataille d’Azincourt, — livrée le jour de saint Crépin et saint Crépinien. —


FLUELLEN.

N’en déplaise à Votre Majesté, votre krand-père de fameuse mémoire et votre krand-oncle Édouard le Noir, prince de Galles, à ce que j’ai lu dans les chroniques, ont gagné une bien pelle bataille ici en France.


LE ROI HENRY.

En effet, Fluellen.


FLUELLEN.

Votre Majesté dit vrai. Si Votre Majesté s’en souvient, les Gallois rendirent de peaux services dans un jardin où