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— Il vous invite à examiner cette filiation ; — et, quand vous aurez reconnu qu’il descend directement — de son aïeul, illustre entre les plus fameux, — Édouard III, il vous somme d’abdiquer alors — la couronne et la royauté usurpées par vous — sur lui, le légitime et véritable possesseur.


LE ROI DE FRANCE.

— Sinon, que s’ensuivra-t-il ?


EXETER.

— Une sanglante contrainte. Car, quand vous cacheriez la couronne — jusque dans votre cœur, il irait l’en arracher. — Et c’est pourquoi il s’avance dans un fracas de tempêtes, — de tonnerres et de tremblements de terre, comme un autre Jupiter, — décidé à recourir à la force, si les requêtes échouent. — Il vous somme, par les entrailles du Seigneur, — de livrer la couronne, et de prendre en pitié — les pauvres âmes pour lesquelles cette guerre affamée — ouvre ses vastes mâchoires. C’est sur votre tête — qu’il rejette le sang des morts, les larmes des veuves, — les cris des orphelins, les sanglots des vierges pleurant — leurs maris, leurs pères et leurs fiancés — dévorés par cette querelle. — Voilà sa réclamation, sa menace, et mon message ; — si cependant le Dauphin est ici présent, — je suis chargé pour lui d’un compliment spécial.


LE ROI DE FRANCE.

— Quant à nous, nous prendrons notre temps pour réfléchir. — Demain vous porterez nos pleines résolutions — à notre frère d’Angleterre.


LE DAUPHIN.

Quant au Dauphin, — je le représente ici. Que lui envoie l’Anglais ?