Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1869, tome 6.djvu/82

Cette page a été validée par deux contributeurs.
84
84
LA SAUVAGE APPRIVOISÉE.

tacle ! — Cette fille est tout à fait folle ou étonnamment revêche.


Lucentio, bas à Tranio.

— Mais je vois dans le silence de l’autre — la timidité et la réserve d’une douce vierge. — Silence, Tranio !


Tranio, bas à Lucentio.

— Bien dit, maître ! Soyons cois et regardez tout votre soûl.


Baptista.

— Messieurs, j’entends que les effets — suivent les paroles… Bianca, rentre ; — que cela ne le fâche pas, bonne Bianca ; — je ne t’en aimerai pas moins, ma fille.

Bianca fond en larmes.

Catharina.

— La jolie petiote !…

À Baptista.

Vous feriez mieux — de lui fourrer le doigt dans l’œil ! Elle saurait pourquoi elle pleure.


Bianca.

— Ma sœur, soyez contente de mon mécontentement !

À Baptista.

— Monsieur, je souscris humblement à votre bon plaisir ; mes livres et mes instruments feront ma société, — J’étudierai et je m’exercerai seule avec eux.


Lucentio, à part.

— Écoute, Tranio ! tu peux entendre parler Minerve !


Hortensio.

— Signor Baptista, êtes-vous donc un père si étrange ! — Je suis bien fâché que notre empressement auprès de Bianca lui vaille — ce chagrin.


Gremio.

Quoi ! vous voulez la mettre en cage, — signor Bap-