Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1869, tome 6.djvu/71

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
73
73
SCÈNE II.

tre. — Je vais rentrer pour leur faire la leçon : peut-être ma présence — suffira pour comprimer l’explosion de leur gaieté — qui menace de dépasser les bornes.

Tous sortent.

Scène II.


[Une chambre à coucher dans un château.]
On aperçoit Sly, revêtu d’une somptueuse robe de chambre. Des Valets l’entourent, les uns portant de riches costumes, d’autres tenant à la main un bassin, une aiguière et autres objets de toilette. Entre le Lord, habillé en laquais.

Sly.

— Au nom de Dieu, un pot de petite bière !


Premier Valet.

— Votre Seigneurie veut-elle boire un verre de vin des Canaries ?


Deuxième Valet.

— Votre Honneur veut-il goûter de ces conserves ?


Troisième Valet.

— Quel costume Votre Honneur veut-il mettre aujourd’hui ?


Sly.

Je suis Christophero Sly ; ne me qualifiez pas d’Honneur ni de Seigneurie ; je n’ai bu de ma vie du vin des Canaries ; et, si vous voulez me donner des conserves, donnez-moi des conserves de bœuf. Ne me demandez jamais quel costume je veux mettre ; car je n’ai pas plus de pourpoints que je n’ai de dos, pas plus de chausses que de jambes, pas plus de souliers que de pieds ; parfois même j’ai plus de pieds que de souliers, ou j’ai des souliers qui laissent voir mes orteils à travers l’empeigne.