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APPENDICE.




EXTRAIT DU DÉCAMÉRON DE BOCCACE


TRADUIT PAR MAITRE ANTOINE LEMAÇON.




Troisième Journée.


NOUVELLE IX.

Il y eut au royaume de France un gentilhomme nommé Esnard, comte de Roussilton, lequel, pour ce qu’il n’était guères sain, tenait toujours auprès de lui un médecin nommé maître Gérard de Narbonne : ce comte avait un sien seul petit-fils nommé Bertrand, très-beau et jeune garçon avec lequel l’on faisait nourrir plusieurs autres enfants de son âge, entre lesquels y avait une fille dudit médecin, appelée Gillette[1], laquelle devint éprise d’amour pour ce Bertrand, jusques au point’qu’on ne le pourrait penser et plus qu’il n’était convenable à si grande jeunesse.

Auquel Bertrand, quand son père fut mort, il convint aller à Paris, dont la jeune fille demeura désespérément déconfortée. Peu de temps après, son père étant aussi mort, elle fût volontiers allée à Paris pour voir seulement le jeune comte, si elle eût eu quelque bonne occasion.

  1. Hélène dans Tout est bien qui finit bien.