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ajouté à notre faute, — nous nous sommes deux fois parjurés, volontairement et par erreur… — Oui, c’est sans doute cela.

À Boyet.

Eh ! ne seriez-vous pas capable — d’avoir déjoué notre projet pour nous rendre parjures ? — N’est-ce pas votre état de mesurer l’empreinte du pied de madame, — et de rire au moindre mouvement de sa prunelle, — et de vous tenir entre son dos et le feu, — portant une assiette et plaisantant à cœur joie ? — C’est vous qui avez déconcerté le page : allez, tout vous est permis. — Mourez quand vous voudrez, un cotillon sera votre linceul. — Vous me regardez du coin de l’œil, on dirait ? Voilà une œillade — qui blesse comme un sabre de plomb.


BOYET.

Avec quelle gaieté — il a fourni cette belle carrière à travers la lice !


BIRON.

— Oh ! il est sur le point de rompre une lance ! La paix ! j’ai fini.

Entre Trogne.

BIRON.

— Sois le bienvenu, pur esprit ! Tu fais diversion à une belle querelle.


TROGNE.

— Ô Seigneur ! monsieur, on voudrait savoir — si les Trois Preux doivent venir ou non.


BIRON.

— Comment, est-ce qu’ils ne sont que trois ?


TROGNE.

Oui-dà, monsieur ; mais ça sera hardi beau, — car chacun représente trois.