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quand il les foule, baisent son pied ; — c’est la fleur qui sourit à chacun — pour montrer des dents blanches comme un os de baleine ; — et les consciences qui ne veulent pas mourir endettées — lui payent le titre de Boyet à la langue de miel.


LE ROI.

— Ah ! peste soit de ce doux langage — qui a décontenancé le page d’Armado !


Entrent la Princesse, précédée de Boyet, puis Rosaline, Maria, Catherine et leur suite.

BIRON.

— Tenez ! voici qu’on vient !

Considérant Boyet.

Attitude, qu’étais-tu — avant que cet homme te fît valoir ? et qu’es-tu maintenant ?


LE ROI, à la princesse.

— Le bonjour à vous, madame ! Plût au ciel qu’il fût pour tous le plus beau !


LA PRINCESSE.

— Pour que ce jour fût le plus beau, il faudrait tout d’abord qu’il ne plût pas au ciel.


LE ROI.

— Interprétez mieux mes paroles, s’il est possible.


LA PRINCESSE.

— Énoncez mieux vos souhaits, je vous y autorise.


LE ROI.

— Nous sommes venus vous visiter, dans l’intention — de vous mener à notre cour : daignez donc nous accompagner.


LA PRINCESSE.

— Ces champs nous garderont ; gardez de même votre parole… — Ni Dieu, ni moi, nous n’aimons les hommes parjures.