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LE ROI.

Donnez-moi cette preuve.


BOYET.

— N’en déplaise à Votre Grâce, nous n’avons pas encore reçu le paquet — qui contient ces quittances et d’autres pièces probantes. — Demain vous les aurez sous les yeux.


LE ROI.

— Cela me suffira ; dans cette conférence, — je suis prêt à accepter tout accommodement raisonnable. — En attendant, recevez de moi la plus cordiale hospitalité — que l’honneur puisse, sans manquer à l’honneur, — offrir à votre incontestable mérite. — Vous ne pouvez pas franchir mes portes, belle princesse ; — mais par la réception qui vous sera faite ici, à l’extérieur, — vous reconnaîtrez avoir trouvé dans mon cœur — l’affectueux asile qui vous est refusé dans ma maison. — Que votre indulgence m’excuse ! Adieu. — Demain nous vous ferons une nouvelle visite.


LA PRINCESSE.

— Que la douce santé et les désirs satisfaits tiennent Votre Grâce en joie !


LE ROI.

— Je te souhaite à tout jamais ton propre souhait !

Le roi sort avec sa suite.

BIRON, à Rosaline.

— Madame, je vous recommanderai à mon cœur.


ROSALINE.

— Je vous en prie, recommandez-moi bien ; je serai fort aise de le voir.


BRION.

— Je voudrais que vous l’entendissiez gémir.


ROSALINE.

Le fou a-t-il quelque mal ?