Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1869, tome 6.djvu/333

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

au lieu, j’entends, où s’est offert à ma vue le fait obscène et fort incongru qui tire de ma plume de neige l’encre d’ébène que distinguent, regardent, observent ou voient ici tes yeux ; quant au lieu, dis-je, il est situé au nord-nord-est du coin ouest de ton inextricable jardin ! C’est là que j’ai vu ce pastoureau à l’âme basse, ce minuscule objet de ta gaieté…


TROGNE.

Moi !


LE ROI.

« Cet esprit illettré et de mince savoir…


TROGNE.

Moi !


LE ROI.

« Ce chétif vassal…


TROGNE.

Toujours moi !


LE ROI.

« Qui, autant que je m’en souviens, a nom Trogne… —


TROGNE.

Oh ! moi-même !


LE ROI.

« S’associer et s’unir, en dépit de ton édit établi et proclamé, en dépit de tes pudiques canons, avec… avec… oh ! avec… c’est pour moi la Passion de te dire avec qui…


TROGNE.

Avec une fille.


LE ROI.

« Avec une enfant de notre grand’mère Ève, une femelle, ou, pour employer un terme plus suave, une femme ! C’est lui que moi, stimulé par mon éternel respect du devoir, je t’envoie, pour qu’il reçoive sa rétribution de châtiment, sous la garde d’un sergent de ta suave Altesse, Antoine Balourd, de bonne renommée, de bonne conduite, de bonnes mœurs et de bon crédit.