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vrai et le faux — ont choisi pour arbitre de leur altercation. — Cet enfant de la fantaisie qui a nom Armado, — dans l’intérim de nos études, nous racontera — en termes de haut lieu les exploits de maint chevalier — de la fauve Espagne, trépassé dans les querelles de ce monde. — À quel point il vous amuse, mes seigneurs, c’est ce que je ne sais pas : — mais je proteste, moi, que j’aime à l’entendre mentir, — et je veux faire de lui mon ménestrel.


BIRON.

— Armado est un être des plus illustres, — l’homme des mots nouvellement frappés, le véritable chevalier de la mode.


LONGUEVILLE.

— Ce butor de Trogne et lui feront notre divertissement ; — et avec eux trois ans d’étude passeront vite. —

Entre Balourd, portant une lettre, et Trogne.

BALOURD.

Quelle est la personne du roi ?


BIRON.

Ici, l’ami ; que lui veux-tu ?


BALOURD.

Je répréhende moi-même sa personne, car je suis sargent de son Altesse ; mais je voudrais voir sa personne en chair et en os.


BIRON, montrant le roi.

Le voici.


BALOURD.

Le signor Arm… Arm… vous recommande bien. Il y a du grabuge là-bas ; cette lettre vous en dira davantage.


TROGNE.

Monsieur, le contentement de cet écrit me touche.