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TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN.


LE CLOWN.

Si je leur fais une farce, ce ne sera jamais qu’une farce de rosse ; et la nature autorise la farce entre rosses et chevaux.

Il sort.

LAFEU.

Un rusé coquin ! un chenapan !


LA COMTESSE.

C’est vrai. Monseigneur, qui n’est plus, s’en amusait beaucoup. C’est d’après sa volonté sacrée qu’il reste ici, et il s’en fait une patente pour son effronterie. C’est un être fantasque qui court où bon lui semble.


LAFEU.

Il n’y a pas de mal à cela, et je l’en aime… Je voulais donc vous dire qu’ayant appris la mort de cette digne dame et le prochain retour de mon seigneur votre fils, j’ai prié le roi mon maître de lui parler en faveur de ma fille : Sa Majesté, dans sa gracieuse bienveillance, m’avait d’elle-même proposé ce mariage, quand tous deux étaient encore mineurs. Son Altesse ma promis d’insister de nouveau ; et, pour mettre fin au déplaisir qu’elle a conçu contre votre fils, il n’est pas de moyen plus efficace. Qu’en pense Votre Excellence ?


LA COMTESSE.

J’en suis bien aise, monseigneur, et je désire voir la chose prômptement effectuée.


LAFEU.

Son Altesse revient en poste de Marseille aussi vaillante de corps que lorqu’elle comptait trente ans ; le roi sera ici demain, si je suis bien informé par une personne dont les renseignements m’ont rarement trompé.


LA COMTESSE.

C’est une joie pour moi d’espérer le revoir avant de mourir. J’ai des lettres qui m’annoncent que mon fils