Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1869, tome 6.djvu/213

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
215
SCÈNE III.

aimez. Mais vous-même. — dont la vieillesse vénérable atteste la vertueuse jeunesse, si jamais, brûlant d’une flamme aussi pure, — vous avez éprouvé à la fois les plus chastes désirs et la plus tendre passion, en sorte que votre Diane — était en même temps elle-même et l’Amour ; oh ! alors, ayez pitié de la malheureuse qui ne peut s’empêcher — de placer son affection où elle est sûre de la perdre, — qui n’essaie pas de trouver l’objet de sa recherche, — et qui, comme l’énigme, vit du doux mystère où elle expire !


LA COMTESSE.

— N’avez-vous pas depuis quelques jours, parlez franchement, l’intention — d’aller à Paris ?


HÉLÈNE.

Oui, madame.


LA COMTESSE.

Pourquoi ? dites la vérité.


HÉLÈNE.

— Je vais la dire, j’en jure, par la grâce divine ! — Vous le savez, mon père m’a légué certaines recettes — d’une vertu merveilleuse et éprouvée, que ses lectures — et son expérience pratique lui avaient indiquées — comme des spécifiques souverains, et il m’a recommandé en mourant — de conserver dans le secret le plus scrupuleux — ces prescriptions dont l’efficacité intime est beaucpup plus puissante — que ne le ferait croire leur formule, Il y a là, entre autres, — un remède infaillible — contre les maladies de langueur désespérées comme celle — pour laquelle le roi est condamné.


LA COMTESSE.

C’était bien là votre motif — pour aller à Paris, n’est-ce pas ? Parlez,


HÉLÈNE.

— C’est monseigneur votre fils qui m’y a fait penser ;