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Entrent Bianca et Lucentio.

Lucentio.

— Eh bien, madame, profitez-vous dans vos lectures ?


Bianca.

— Et vous, maître, que lisez-vous ? répondez-moi d’abord à cela.


Lucentio.

— Je lis ce que je professe, l’Art d’aimer.


Bianca.

— Puissiez-vous, monsieur, être maître dans votre art !


Lucentio.

— Aussi longtemps, douce amie, que vous serez maîtresse de mon cœur !

lis s’éloignent en causant.

Hortensio.

— Morbleu, c’est marcher lestement !… Ah çà ! qu’en dites-vous, je vous prie, — vous qui n’hésitiez pas à jurer que votre maîtresse Bianca — n’aimait personne au monde autant que Lucentio !


Tranio.

— Ô dépit amoureux ! ô sexe inconstant !… — Je te le déclare, Licio, c’est étonnant.


Hortensio.

— Cessez de vous méprendre. Je ne suis pas Licio, — ni un musicien comme j’en ai l’air ; — je répugne à vivre plus longtemps sous ce déguisement — pour une créature capable de planter là un gentilhomme et de se faire un dieu d’un pareil malotru. — Sachez, monsieur, que je m’appelle Hortensio.


Tranio.

— Signor Hortensio, j’ai souvent oui parler — de votre profonde affection pour Bianca ; — et, puisque