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LAURENCE.

— Maintenant il faut que je me rende seul au tombeau. — De peur que la dame ne s’éveille — avant que j’arrive, je vais me hâter — de la délivrer de cette tombe de misère.

(131) Au lieu de ces six vers, voici ce que l’édition de 1597 fait dire à Pâris :


PÂRIS.

— Douce fleur, je sème des fleurs sur ton lit nuptial ! Douce tombe, qui contiens dans ton enceinte — le plus parfait modèle de l’éternité ; — belle Juliette qui demeures avec les anges, — accepte de ma main ce dernier hommage. — Vivante, je t’honorai ; morte, — j’orne ton tombeau de funèbres louanges.

(132) Les deux derniers vers manquent à l’édition de 1597.

(133) Texte primitif :


PÂRIS.

— C’est ce banni, ce Montague hautain, — qui a tué le cousin de ma bien-aimée. — Suspends ta besogne sacrilège, vil Montague : — la vengeance peut-elle se poursuivre au delà de la mort ? Je te saisis ici comme félon. — La loi te condamne : donc il faut que tu meures.

(134) Les deux derniers vers ont été ajoutés à l’édition originale.

(135) Ce monologue de Roméo a été transfiguré par la retouche du maître. En voici l’ébauche :


ROMÉO.

— Sur ma foi, je le ferai… Examinons cette figure : — un parent de Mercutio, le noble comte Pâris… Que m’a donc dit mon valet ? mon âme bouleversée n’y a pas fait attention… Nous étions à cheval. Il m’a conté, je crois, — que Pâris devait épouser Juliette ; — m’a-t-il dit cela ou l’ai-je rêvé ? — N’importe, je veux exaucer ta dernière prière, — car tu as estimé ton amour plus que ta vie — Mort, repose ici enterré par un mort.

Il dépose Pâris dans le monument.

— Que de fois les hommes à l’agonie — ont eu un accès d’enjouement et de gaieté, un éclair avant la mort — comme disent ceux qui les soignent. Oh ! comment puis-je appeler — un éclair ce que je ressens ? Ah ! chère Juliette, — comme ta beauté pare cette tombe ! — Oh ! je crois que le spectre de la mort — est amoureux et qu’il courtise mon adorée. — Aussi je veux à jamais, oh ! à jamais — fixer ici mon éternelle demeure, — avec la vermine qui te sert de chambrière ! — Viens, pilote désespéré, lance vite