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LA MÈRE.

— Allons, voilà qui est bien dit.


CAPOLET.

— Ah ! par Dieu, c’est un saint homme que ce révérend père — et toute notre cité lui est bien redevable. — Qu’on aille immédiatement prévenir le comte de ceci, — car je veux que ce nœud soit noué dès demain.


JULIETTE.

— Nourrice, voulez-vous venir avec moi dans mon cabinet, — afin de choisir les choses requises pour demain ?


LA MÈRE.

— Oui, je t’en prie, bonne nourrice, va avec elle, — aide-la à trier ses coiffures, ses rabats, ses chaînes ; je vais vous rejoindre sur-le-champ.


LA NOURRICE.

— Allons, cher cœur, sortons-nous ?


JULIETTE.

— Viens, je te prie.

Exeunt.

(113) Voici l’esquisse de cette scène, d’après l’in-quarto de 1597 :

Entrent Juliette et la nourrice.

LA NOURRICE.

— Allons, allons, que vous faut-il encore ?


JULIETTE.

— Rien, bonne nourrice. Laisse-moi, — car je veux coucher seule cette nuit.


LA NOURRICE.

— C’est bon, il y a une chemise blanche sur votre oreiller ; sur ce bonsoir !


Entre la mère.

LA MÈRE.

— Eh bien, êtes-vous encore occupées ? Est-ce que vous avez besoin de mon aide ?


JULIETTE.

— Non, madame ; nous avons choisi tous les effets — qui me seront nécessaires pour notre cérémonie de demain ; — maintenant veuillez permettre que je reste seule — et que la nourrice veille avec vous cette nuit ; — car, j’en suis sûre, vous avez trop d’ouvrage sur les bras, — dans des circonstances si pressantes.


LA MÈRE.

— Bonne nuit ; — mets-toi au lit et repose, car tu en as besoin.

La mère et la nourrice sortent.