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Juliette entre assez hâtivement et se jette dans les bras de Roméo.

Voyez ! la voici qui vient ! — Un pied aussi léger marcherait sur une fleur sans la froisser : — de l’amour et de la joie, voyez, voyez le souverain pouvoir.


JULIETTE.

Roméo !


ROMÉO.

Sois la bienvenue, ma Juliette ! comme le regard en éveil guette la riante aurore, tout enfoui qu’il est dans les brumes de la nuit, — ainsi Roméo a attendu Juliette, — et te voilà venue !


JULIETTE.

Si je suis l’aurore, me voilà venue — à mon éclatant soleil ; brille donc, et fais-moi rayonner.


ROMÉO.

— Tous les rayons de la beauté sont dans tes yeux.


JULIETTE.

— Roméo, c’est de ta splendeur qu’ils jaillissent.


LAURENCE.

— Allons, mes galants, allons, les heures furtives passent ; ajournez les embrassements à un moment plus opportun ; — séparez-vous pour un moment ; vous ne serez seuls — que quand tous deux, joints par la sainte église, vous ne ferez plus qu’un.


ROMÉO.

— En avant, saint père, tout délai semble long.


JULIETTE.

— Vite ! vite ! ces langueurs nous font mal.


LAURENCE.

— Oh ! modération et douceur font, dit-on, la meilleure besogne ; d’ordinaire, la précipitation bronche aux chemins de traverse.

Ils sortent.

(87) Ces deux derniers vers manquent à l’édition de 1597.

(88) Ces mots car l’un tuerait l’autre y manquent également.

(89) Cette réplique de Mercutio et les paroles de Benvolio qui la provoquent ont été ajoutées au texte original.

(90) Au lieu des trois répliques qui précèdent, l’édition de 1597, contient cette courte réponse de Mercutio à Tybalt :

« De concert ! corbleu ! de concert ! le drôle veut faire de nous des râcleurs ! »

(91) Cette réplique a été légèrement altérée. Roméo disait dans