Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/376

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

ils ont été trouvés munis des instruments nécessaires pour ouvrir — la tombe de ces morts.


CAPULET.

— Ô ciel !… Oh ! vois donc, femme, notre fille est en sang !… — Ce poignard s’est mépris… tiens ! sa gaine — est restée vide au flanc du Montague, — et il s’est égaré dans la poitrine de ma fille (141) !


LADY CAPULET.

— Mon Dieu ! ce spectacle funèbre est le glas — qui appelle ma vieillesse au sépulcre.


Entrent Montague et sa suite.

LE PRINCE.

— Approche, Montagne : tu t’es levé avant l’heure — pour voir ton fils, ton héritier couché avant l’heure.


MONTAGUE.

— Hélas ! mon suzerain, ma femme est morte cette nuit. — L’exil de son fils l’a suffoquée de douleur (142) ! — Quel est le nouveau malheur qui conspire contre mes années ?


LE PRINCE, montrant le tombeau.

— Regarde, et tu verras.


MONTAGUE, reconnaissant Roméo.

— Ô mal appris ! Y a-t-il donc bienséance — à prendre le pas sur ton père dans la tombe ?


LE PRINCE.

— Fermez la bouche aux imprécations, — jusqu’à ce que nous ayons pu éclaircir ces mystères, — et en connaître la source, la cause et l’enchaînement. — Alors c’est moi qui mènerai votre deuil, — et qui le conduirai, s’il le faut, jusqu’à la mort. En attendant, contenez-vous, — et que l’affliction s’asservisse à la patience… — Produisez ceux qu’on soupçonne.

Les gardes amènent Laurence et Balthazar.