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JULIETTE.

— Oui, du bruit ! Hâtons-nous donc !

Saisissant le poignard de Roméo.

Ô heureux poignard ! — voici ton fourreau…

Elle se frappe.

Rouille-toi là et laisse-moi mourir (140) !

Elle tombe sur le corps de Roméo et expire.


Entre le guet, conduit par le page de Pâris.

LE PAGE, montrant le tombeau.

— Voilà l’endroit, là où la torche brûle.


PREMIER GARDE, à l’entrée du tombeau.

— Le sol est sanglant. Qu’on fouille le cimetière. — Allez plusieurs et arrêtez qui vous trouverez.

Des gardes sortent.

— Spectacle navrant ! Voici le comte assassiné… — et Juliette en sang !… chaude encore !… morte il n’y a qu’un moment, — elle qui était ensevelie depuis deux jours !… — Allez prévenir le prince, courez chez les Capulets, — réveillez les Montagnes… que d’autres aillent aux recherches.

D’autres gardes sortent.

— Nous voyons bien le lieu où sont entassés tous ces désastres ; — mais les causes qui ont donné lieu à ces désastres lamentables, — nous ne pouvons les découvrir sans une enquête.


Entrent quelques gardes, ramenant Balthazar.

DEUXIÈME GARDE.

— Voici le valet de Roméo, nous l’avons trouvé dans le cimetière.


PREMIER GARDE.

— Tenez-le sous bonne garde jusqu’à l’arrivée du prince.