Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/373

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

heure cruelle — est donc coupable de cette lamentable catastrophe (139) ?…

Éclairant Juliette.

Elle remue !

Juliette s’éveille et se soulève.

JULIETTE.

— Ô frère charitable, où est mon seigneur ? — Je me rappelle bien en quel lieu je dois être : — m’y voici… Mais où est Roméo ?

Rumeur au loin.

LAURENCE.

— J’entends du bruit… Ma fille, quitte ce nid — de mort, de contagion, de sommeil contre nature. — Un pouvoir au-dessus de nos contradictions — a déconcerté nos plans. Viens, viens, partons ! — Ton mari est la gisant sur ton sein, — et voici Pâris. Viens, je te placerai — dans une communauté de saintes religieuses ; — pas de questions ! le guet arrive… — Allons, viens, chère Juliette.

La rumeur se rapproche.

Je n’ose rester plus longtemps.

Il sort du tombeau et disparaît.

JULIETTE.

— Va, sors d’ici, car je ne m’en irai pas, moi. — Qu’est ceci ? Une coupe qu’étreint la main de mon bien-aimé ? — C’est le poison, je le vois, qui a causé sa fin prématurée. — L’égoïste ! il a tout bu ! il n’a pas laissé une goutte amie — pour m’aider à le rejoindre !… Je veux baiser tes lèvres ; — peut-être y trouverai-je un reste de poison — dont le baume me fera mourir…

Elle l’embrasse.

— Tes lèvres sont chaudes !


PREMIER GARDE, derrière le théâtre.

Conduis-nous, page… De quel côté ?