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BENVOLIO.

— Ô noble prince, je puis te révéler toutes — les circonstances douloureuses de cette fatale querelle.

Montrant le corps de Tybalt.

— Voici l’homme qui a été tué par le jeune Roméo, — après avoir tué ton parent, le jeune Mercutio.


LADY CAPULET, se penchant sur le corps.

— Tybalt, mon neveu !… Oh ! l’enfant de mon frère ! — Oh ! prince !… Oh ! mon neveu !… mon mari (96) ! C’est le sang — de notre cher parent qui a coulé !… Prince, si tu es juste, — verse le sang des Montagues pour venger notre sang… — Oh ! mon neveu ! mon neveu !


LE PRINCE.

— Benvolio, qui a commencé cette rixe ?


BENVOLIO.

— Tybalt, que vous voyez ici, tué de la main de Roméo. — En vain Roméo lui parlait sagement, lui disait de réfléchir — à la futilité de la querelle, et le mettait en garde — contre votre auguste déplaisir… Tout cela, dit d’une voix affable, d’un air calme, avec l’humilité d’un suppliant agenouillé, — n’a pu faire trêve à la fureur indomptable — de Tybalt, qui, sourd aux paroles de paix, a brandi — la pointe de son épée contre la poitrine de l’intrépide Mercutio. — Mercutio, tout aussi exalté, oppose le fer au fer dans ce duel à outrance ; avec un dédain martial, il écarte d’une main — la froide mort et de l’autre la retourne — contre Tybalt, dont la dextérité — la lui renvoie ; Roméo leur crie : — Arrêtez, amis ! amis, séparez-vous ! et, d’un geste — plus rapide que sa parole, il abat les pointes fatales. — Au moment où il s’élance entre eux, passe sous son bras même — une botte perfide de Tybalt qui frappe mortellement — le fougueux Mercutio. Tybalt s’enfuit alors, — puis tout à