Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/313

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

rixes dans les rues de Vérone… — Arrêtez, Tybalt ! cher Mercutio !

Roméo étend son épée entre les combattants. Tybalt atteint Mercutio par-dessous le bras de Roméo et s’enfuit avec ses partisans.

MERCUTIO.

Je suis blessé… — Malédiction sur les deux maisons !… Je suis expédié… — Il est parti ! Est-ce qu’il n’a rien ?

Il chancelle.

BENVOLIO, soutenant Mercutio

Quoi, es-tu blessé ?


MERCUTIO.

— Oui, oui, une égratignure, une égratignure; morbleu, c’est bien suffisant… — Où est mon page ? Maraud, va me chercher un chirurgien.

Le page sort.

ROMÉO.

Courage, ami : la blessure ne peut être sérieuse.


MERCUTIO.

Non, elle n’est pas aussi profonde qu’un puits, ni aussi large qu’une porte d’église ! mais elle est suffisante, elle peut compter : demandez à me voir demain, et, quand vous me retrouverez, j’aurai la gravité que donne la bière. Je suis poivré, je vous le garantis, assez pour ce bas monde… Malédiction sur vos deux maisons !… Moi, un homme, être égratigné à mort par un chien, un rat, une souris, un chat ! par un fier-à-bras, un gueux, un maroufle qui ne se bat que par règle d’arithmétique !

À Roméo.

Pourquoi diable vous êtes-vous mis entre nous ? J’ai reçu le coup par-dessous votre bras.


ROMÉO.

J’ai cru faire pour le mieux.


MERCUTIO.

— Aide-moi jusqu’à une maison, Benvolio, — ou je