Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/295

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

par ces colporteurs de modes qui nous poursuivent de leurs pardonnez-moi (81), et qui, tant ils sont rigides sur leurs nouvelles formes, ne sauraient plus s’asseoir à l’aise sur nos vieux escabeaux ? Peste soit de leurs bonjours et de leurs bonsoirs !


Entre Roméo, rêveur.

BENVOLIO.

Voici Roméo ! Voici Roméo !


MERCUTIO.

N’ayant plus que les os ! sec comme un hareng saur ! Oh ! pauvre chair, quel triste maigre tu fais !… Voyons, donne-nous un peu de cette poésie dont débordait Pétrarque : comparée à ta dame, Laure n’était qu’une fille de cuisine, bien que son chantre sût mieux rimer que toi ; Didon, une dondon ; Cléopâtre, une gipsy ; Hélène, une catin ; Héro, une gourgandine ; Thisbé, un œil d’azur, mais sans éclat ! Signor Roméo, bonjour ! À votre culotte française le salut français !… Vous nous avez joués d’une manière charmante hier soir.


ROMÉO.

Salut à tous deux !… que voulez-vous dire ?


MERCUTIO.

Eh ! vous ne comprenez pas ? vous avez fait une fugue, une si belle fugue !


ROMÉO.

Pardon, mon cher Mercutio, j’avais une affaire urgente ; et, dans un cas comme le mien, il est permis à un homme de brusquer la politesse.


MERCUTIO.

Autant dire que, dans un cas comme le vôtre, un homme est forcé de fléchir le jarret pour…


ROMÉO.

Pour tirer sa révérence.