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Entrent le vieux Capulet, puis, parmi la foule des convives, Tybalt, Juliette et la nourrice ; enfin, Roméo, accompagné de ses amis, tous masqués. Les valets vont et viennent.

CAPULET.

— Messieurs, soyez les bienvenus ! Celles de ces dames qui ne sont pas — affligées de cors aux pieds vont vous donner de l’exercice !… — Ah ! ah ! mes donzelles ! qui de vous toutes — refusera de danser à présent ? Celle qui fera la mijaurée, celle-là, — je jurerai qu’elle a des cors ! Eh ! je vous prends par l’endroit sensible, n’est-ce pas ?

À de nouveaux arrivants.

— Vous êtes les bienvenus, messieurs… J’ai vu le temps — où, moi aussi, je portais un masque et où je savais — chuchoter à l’oreille des belles dames de ces mots — qui les charment : ce temps-là n’est plus, il n’est plus, il n’est plus (59) !

À de nouveaux arrivants.

— Vous êtes les bienvenus, messieurs… Allons, musiciens, jouez ! — Salle nette pour le bal ! Qu’on fasse place ! et en avant, jeunes filles !

La musique joue. Les danses commencent. Aux valets.

— Encore des lumières, marauds. Redressez ces tables, — et éteignez le feu ; il fait trop chaud ici…

À son cousin Capulet, qui arrive.

— Ah ! mon cher, ce plaisir inespéré est d’autant mieux venu… — Asseyez-vous, asseyez-vous, bon cousin Capulet ; — car vous et moi, nous avons passé nos jours de danse. — Combien de temps y a-t-il depuis le dernier bal où vous et moi — nous étions masqués ?


DEUXIÈME CAPULET.

Trente ans, par Notre-Dame !