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raccoutrant le diadème — de sa maîtresse morte ; elle était toute tremblante, — et soudain elle s’est affaissée.


CÉSAR.

Ô noble faiblesse ! — Si elles avaient avalé du poison, cela se reconnaîtrait — à quelque enflure extérieure ; mais Cléopâtre semble endormie, — comme si elle voulait attirer un autre Antoine — dans le filet tout-puissant de sa grâce.


DOLABELLA.

Là, sur son sein, — il y a un épanchement de sang et une légère tuméfaction : — la même marque est à son bras.


PREMIER SOLDAT.

— C’est la trace d’un aspic : ces feuilles de figuier — ont sur elles la bave que laissent les aspics — dans les cavernes du Nil.


CÉSAR.

Il est très-probable — qu’elle est morte ainsi, car son médecin m’a dit — qu’elle avait recherché par d’innombrables expériences — les genres de mort les plus doux. Emportez-la sur son lit, — et retirez ses femmes de ce monument. — Elle sera ensevelie auprès de son Antoine ; — nulle tombe sur la terre n’aura enveloppé — un couple aussi fameux. De si grands événements — frappent ceux mêmes qui les ont faits ; et leur histoire — vivra dans la pitié des âges aussi longtemps que la gloire — de celui qui a rendu leur fin lamentable. Notre armée, — avec une pompe solennelle, assistera à ces funérailles ; — et ensuite à Rome ! Allez, Dolabella, veillez — à ce que le meilleur ordre préside à cette grande solennité.

Tous sortent.


FIN D’ANTOINE ET CLÉOPÂTRE.