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veillantes, vous trouverez — un bénéfice à ce changement ; mais, si vous cherchez — à me rendre responsable d’une cruauté, en suivant — l’exemple d’Antoine, vous vous priverez de — mes bienfaits, et vous exposerez vos enfants — à une destruction dont je les sauverai — si vous vous fiez à moi… Je vais prendre congé de vous.


CLÉOPÂTRE.

— Vous pouvez aller à travers le monde entier ; il est à vous ; et nous, — vos écussons, vos insignes de victoire, nous resterons — fixés à la place qui vous plaira.

Lui remettant un papier.

Tenez, mon bon seigneur.


CÉSAR.

— Je prendrai conseil de vous pour tout ce qui concerne Cléopâtre.


CLÉOPÂTRE.

— Voici le bordereau des sommes, de l’argenterie et des bijoux — qui sont en ma possession : c’est un relevé exact, — à quelques vétilles près… Où est Séleucus ?


SÉLEUCUS.

Ici, Madame.


CLÉOPÂTRE.

— Voici mon trésorier, monseigneur ; sommez-le, à ses risques et périls, de dire si je me suis rien réservé — pour moi-même. Dites la vérité, Séleucus.


SÉLEUCUS.

Madame, — j’aimerais mieux sceller mes lèvres que de dire, à mes risques et périls, — ce qui n’est pas.


CLÉOPÂTRE.

Qu’ai-je donc caché ?


SÉLEUCUS.

— Assez pour racheter ce que vous avez déclaré.


CÉSAR.

— Voyons, ne rougissez pas, Cléopâtre ; j’approuve — en ceci votre sagesse.