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voulez combattre, — suivez-moi de près ; je vais vous conduire à l’œuvre… Adieu !

Sortent Antoine, Éros, les officiers et les soldats.

CHARMION.

— Vous plairait-il de vous retirer dans votre chambre ?


CLÉOPÂTRE.

Conduis-moi. — Il part vaillamment. Ah ! si lui et César avaient pu — décider cette grande guerre dans un combat singulier ! — Alors Antoine… Mais maintenant… Eh bien, marchons.

Elles sortent.

Scène XXVIII.


[Le camp d’Antoine près d’Alexandrie.]


Les trompettes sonnent. Entre Antoine, accompagné d’Éros ; il rencontre le soldat qui l’a interpellé à Actium.

LE SOLDAT.

— Fassent les dieux que cette journée soit heureuse pour Antoine !


ANTOINE.

— Ah ! que n’ai-je été décidé par tes conseils et par tes cicatrices — à combattre sur terre !


LE SOLDAT.

Si tu l’avais fait, — les rois qui se sont révoltés et le soldat — qui t’a quitté ce matin, marcheraient encore — à ta suite.


ANTOINE.

Qui donc a déserté ce matin ?


LE SOLDAT.

Qui ? — Quelqu’un qui était toujours près de toi. Ap-