Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/188

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

découragement ? Voyez, ils pleurent ; — et moi, âne que je suis, j’ai un oignon dans l’œil. Par pudeur, — ne nous transformez pas en femmes.


ANTOINE.

Assez ! assez ! assez ! — Que la sorcière m’emporte, si j’avais cette intention ! — Que l’allégresse germe où sont tombées ces larmes ! Mes généreux amis, — vous prenez ce que je dis dans un sens trop douloureux ; — je vous parlais pour vous encourager, quand je vous demandais — d’incendier cette nuit avec des torches ! Sachez, mes chers cœurs, — que j’ai bon espoir pour demain. Si je vous conduis an combat, — c’est que j’en attends la victoire et la vie — plutôt que la mort et la gloire. Allons souper ; venez et noyons les réflexions (25).

Tous sortent.

Scène XXVI.


[Alexandrie. Devant le palais.]


Entrent deux soldats.

PREMIER SOLDAT.

— Bonne nuit, frère ; demain est le jour.


DEUXIÈME SOLDAT.

— Oui, qui décidera de tout : bonne chance ! — N’avez-vous entendu rien d’étrange dans les rues ?


PREMIER SOLDAT.

— Rien : quelles nouvelles ?


DEUXIÈME SOLDAT.

Ce n’est probablement qu’une rumeur : — bonne nuit à vous.


PREMIER SOLDAT.

Allons, mon cher, bonne nuit.