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CÉSAR.

Soit ! Déclare ta mission.


EUPHRONIUS.

— Antoine salue en toi le maître de ses destinées et — demande à vivre en Égypte ; en cas de refus, — il restreint sa demande et prie — de le laisser respirer entre les cieux et la terre, — comme personne privée, dans Athènes ; voilà pour lui. Quant à Cléopâtre, elle confesse ta grandeur, — se soumet à ta puissance, et implore de toi — pour ses enfants le diadème des Ptolémées — maintenant à la merci de ta faveur (22).


CÉSAR.

Pour Antoine, — je suis sourd à sa requête. Quant à la reine, — je consens à l’entendre et à la satisfaire, pourvu qu’elle — chasse d’Égypte son amant dégradé — ou lui ôte la vie. Cela fait, — elle ne priera pas en vain. Telle est ma réponse à tous deux.


EUPHRONIUS, s’inclinant.

— Que la fortune te suive !


CÉSAR.

Qu’on le reconduise à travers nos lignes !

Euphronius sort avec une escorte.
À Thyréus.

— Voici le moment d’essayer ton éloquence. Pars vite ; — détache Cléopâtre d’Antoine : promets-lui, — en notre nom, ce qu’elle demande ; ajoute même — des offres de ton chef ; les femmes, — même en plein bonheur, ne sont pas fortes ; mais la misère parjurerait — la vestale immaculée. Montre ton savoir faire, Thyréus ; — et, quant à ta récompense, tu promulgueras toi-même l’édit qui pour nous sera loi.


THYRÉUS.

Je pars, César.