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OCTAVIE.

À Athènes, monseigneur.


CÉSAR.

— Non, ma sœur trop outragée : Cléopâtre — l’a rappelé d’un signe. Il a livré son empire — à une prostituée, et tous deux maintenant lèvent — pour la guerre tous les rois de la terre. Il a rassemblé — Bocchus, le roi de Libye, Archélatis, — de Cappadoce, Philadelphos, roi — de Paphlagonie, le roi de Thrace, Adallas, — le roi Malchus d’Arabie, le roi de Pont, — Hérode de Judée, Mithridate, roi — de Comagène, Polémon et Amintas, — les rois de Médie et de Lycaonie, avec un — vaste arrière-ban de sceptres.


OCTAVIE.

Oh ! malheureuse que je suis — d’avoir le cœur partagé entre deux parents — qui s’accablent l’un l’autre !


CÉSAR.

Soyez la bienvenue ici. — Vos lettres ont retardé notre rupture — jusqu’au moment où j’ai reconnu combien vous étiez outragée — et combien notre négligence était dangereuse. Reprenez courage ! — Ne vous laissez pas déconcerter par des temps qui amoncèlent — au-dessus de votre bonheur ces sombres nécessités ; — mais laissez, impassible, les choses déterminées par le destin — suivre leur cours. Soyez la bienvenue à Rome, — vous, ce que j’ai de plus cher. Vous avez été insultée — au delà de toute idée, et les dieux grands, — pour vous faire justice, nous ont pris pour ministres, — nous et tous ceux qui vous aiment. Consolez-vous ; — et soyez pour toujours la bienvenue près de nous.


AGRIPPA.

Soyez la bienvenue, madame.


MÉCÈNE.

— Chère dame, soyez la bienvenue. — Tous les cœurs