Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/154

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CLÉOPÂTRE.

La plupart de ceux — qui sont ainsi sont niais… — Ses cheveux, de quelle couleur ?


LE MESSAGER.

— Bruns, madame : et son front est aussi bas — qu’elle peut le souhaiter.


CLÉOPÂTRE, lui jetant une bourse.

Voici de l’or pour toi. — Tu ne dois pas prendre mal mes premières vivacités. — Je veux te faire repartir : je te trouve — très-bon pour l’emploi. Va te préparer : — nos lettres sont prêtes.

Le messager sort.

CHARMION.

C’est un homme convenable.


CLÉOPÂTRE.

— Oui, vraiment : je me repens beaucoup — de l’avoir ainsi rudoyé… Eh, à l’en croire, — cette créature n’est pas grand’chose.


CHARMION.

Oh ! rien, madame !


CLÉOPÂTRE.

— L’homme a sans doute vu la majesté : il doit s’y connaître.


CHARMION.

— S’il a vu la majesté ? Bonne Isis !… — lui qui vous a servi si longtemps !


CLÉOPÂTRE.

— J’ai encore une question a lui faire, chère Charmion. — Mais peu importe : tu me l’amèneras — là où je vais écrire : tout peut encore s’arranger.


CHARMION.

Je vous le garantis, madame.

Tous sortent.