Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/148

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

pée, est, à ce que dit Ménas, troublé — par les pâles couleurs.


AGRIPPA.

Ce noble Lépide !


ÉNOBARBUS.

— Ce digne homme ! Oh ! comme il aime César !


AGRIPPA.

— Oui, mais combien il adore Marc-Antoine !


ÉNOBARBUS.

— César ? Eh, c’est le Jupiter des hommes !


AGRIPPA.

— Qu’est-ce qu’Antoine ? Le dieu de Jupiter.


ÉNOBARBUS.

— Parlez-vous de César ? Ah ! c’est le sans-pareil !


AGRIPPA.

— D’Antoine ? Oh ! c’est le phénix d’Arabie !


ÉNOBARBUS.

— Voulez-vous louer César, dites César et restez-en là.


AGRIPPA.

— En vérité, il les accable tous deux d’excellents éloges.


ÉNOBARBUS.

— Mais c’est César qu’il aime le mieux ; pourtant il aime Antoine. — Oh ! ni cœurs, ni langues, ni chiffres, ni scribes, ni bardes, ni poëtes, ne pourraient — imaginer, exprimer, évaluer, écrire, chanter, nombrer son amour — pour Antoine ! Mais pour César, — à genoux, à genoux et admirez.


AGRIPPA.

Il les aime tous deux.


ÉNOBARBUS.

— Ils sont les ailes dont il est le hanneton. Aussi…

Fanfares.