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Scène XIII.


[En Syrie.]


Entre, comme après une victoire, Ventidius, accompagné de Silius et d’autres Romains, officiers et soldats. On porte devant lui le corps de Pacorus, fils d’Orodes, roi des Parthes.

VENTIDIUS.

— Enfin, en dépit de tes flèches, Parthie, te voilà frappée ! Enfin — la Fortune daigne faire de moi — le vengeur de Marcus Crassus… Que le corps de ce fils du roi soit porté — devant notre armée… Ton Pacorus, Orodes, — nous paye Marcus Crassus (13).


SILIUS.

Noble Ventidius, — tandis que ton épée est encore chaude du sang des Parthes, — poursuis les fugitifs ; galope à travers la Médie, — la Mésopotamie et tous les repaires — où se dispersent les vaincus. Alors ton grand capitaine Antoine — te mettra sur un char triomphal, et — posera des couronnes sur ta tête.


VENTIDIUS.

Ô Silius, Silius ! — J’en ai fait assez. Un subalterne, remarque bien, — peut accomplir un trop grand exploit. Car retiens ceci, Silius : — Mieux vaut rester inactif, qu’acquérir par nos actes — une trop haute gloire, en l’absence de celui que nous servons. — César et Antoine ont eu plus de succès par leurs officiers qu’en personne : Sossius, — mon prédécesseur en Syrie, lieutenant d’Antoine, — par une accumulation de renommée — trop vite acquise, perdit la faveur du maître. — Celui qui en guerre fait plus que ne peut son capitaine — devient le capitaine de son capitaine ; et l’ambition, — cette vertu