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À Antoine.

Bon frère, — laissez-moi vous emmener : nos graves affaires — répugnent à tant de légèreté !… Gentils seigneurs, séparons-nous ; — vous voyez, nous avons les joues en feu : le vigoureux Énobarbus — est plus faible que le vin, et ma propre langue — balbutie ce qu’elle dit ; peu s’en faut que l’extravagante orgie — ne nous ait tous hébétés. Qu’est-il besoin de plus de paroles ? Bonne nuit. — Bon Antoine, votre main.


POMPÉE.

Je veux veiller sur vous jusqu’à la côte.


ANTOINE, chancelant.

— Fort bien, monsieur : donnez-moi votre main.


POMPÉE.

Ô Antoine, — vous avez la maison de mon père… Mais quoi ? Nous sommes amis. — Allons ! descendons dans le bateau.


ÉNOBARBUS.

Prenez garde de tomber.

Pompée, César, Antoine et leur suite s’embarquent.

— Ménas, je n’irai pas à terre.


MÉNAS.

Non ! dans ma cabine ! — Hé ! les tambours ! les trompettes ! les flûtes ! Hé ! — Que Neptune nous entende dire un bruyant adieu — à ces grands compagnons ! Sonnez ! Peste soit de vous ! Sonnez donc !

Fanfares et tambours.

ÉNOBARBUS, interpellant ceux qui s’embarquent.

Ho, là-bas ! Voilà mon bonnet !

Il agite son bonnet.

MÉNAS.

Holà !… Noble capitaine, — venez !

Sortent Énobarbus et Ménas.