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POMPÉE.

À la santé de Lépide !


ANTOINE.

— Qu’on le porte à la côte !… Je vous ferai raison pour lui, Pompée.


ÉNOBARBUS, une coupe à la main.

— À toi, Ménas.


MÉNAS.

Volontiers, Énobarbus.


POMPÉE, à l’esclave qui verse à boire.

Remplis jusqu’à cacher la coupe.


ÉNOBARBUS, montrant un esclave qui emporte Lépide.

— Voilà un fort gaillard, Ménas.


MÉNAS.

Pourquoi ?


ÉNOBARBUS.

Il porte — un tiers du monde, mon cher, ne vois-tu pas ?


MÉNAS.

— Alors le tiers du monde est ivre ; que ne l’est-il tout entier pour pouvoir rouler plus aisément !


ÉNOBARBUS.

Bois donc et aide à le mettre en branle.


MÉNAS.

Viens.


POMPÉE, à Antoine.

Ce n’est pas encore là une fête d’Alexandrie !


ANTOINE.

— Cela en approche… Choquons les coupes ! Holà ! — La santé de César !


CÉSAR.

Je me passerais bien de celle-là. — C’est un labeur monstrueux : me laver le cerveau — pour ne le rendre que plus trouble ?