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jugements ; mais — vous bâclez vous-même ces excuses-là.


ANTOINE.

Non pas, non pas. — Je sais, je suis sur que vous ne pouviez vous soustraire — à l’évidence de ce raisonnement : moi, — votre associé dans la cause qu’il combattait, — je ne pouvais pas voir d’un œil complaisant cette guerre — qui battait en brèche mon repos. Quant à ma femme, — je voudrais que vous fussiez uni à un esprit pareil. — Le tiers du monde est à vous, et avec un licou — vous pourriez aisément le mener, mais une pareille femme, non pas ! —


ÉNOBARBUS.

Plût aux dieux que nous eussions tous de pareilles épouses : les hommes pourraient aller en guerre contre les femmes !


ANTOINE.

— Oui, César, les implacables commotions — que causait son impatience, jointe — à une certaine astuce politique, j’en conviens avec douleur, — vous ont trop inquiété ; mais, vous êtes tenu — de reconnaître que je n’y pouvais rien.


CÉSAR.

Je vous ai écrit, — pendant vos orgies, à Alexandrie ; vous — avez mis mes lettres dans votre poche, et par des sarcasmes — outrageants éconduit mon messager.


ANTOINE.

Seigneur, — il m’est tombé brusquement, sans être autorisé. Alors — je venais de festoyer trois rois, et je n’étais plus tout à fait — ce que j’avais été le matin ; mais, le lendemain, — je le lui ai expliqué moi-même ; ce qui était même chose — que de lui demander pardon. Que ce compagnon — ne soit pour rien dans notre brouille ;